Jeanne de Belleville…1ère femme pirate

Une fois n’est pas coutume, rendons grâce à la mémoire d’une femme dans ce monde où les héros masculins furent légion. Nous allons donc parler de Jeanne de Belleville, sur la base du travail des frères Poivre D’Arvor.

Nous sommes en aout 1343, à Nantes, capitale de cette Bretagne qui vient d’être humiliée par un Royaume de France dominateur, qui veut faire un exemple. Pendant 4 jours, le peuple est contraint de défiler devant la tête exposée d’Olivier de Clisson, arrêté sur Paris lors d’un voyage, accusé d’avoir incendié des galères françaises de l’amiral Grimaldi, puis éxecuté sans procès, alors qu’il était innocent.

On apprendra plus tard qu’ à la mort de Jean III duc de Bretagne pour sa succession, Jeanne et Olivier avaient pris partit pour le frère cadet du duc, Jean De Montfort, allié aux Anglais, contre Charles de Blois, neveu du Roi de France, et les Valois….ceci expliquant donc surement cela….

Mais pour cette terre de Bretagne en forme de bateau, l’Ankou, la mort, a ses règles. Quant elles ne sont pas respectées, l’Argoat, repliée sur ses forêts et ses terres, et l’Armor, le pays de l’Océan, se fâchent….la Bretagne est très en colère!

Une femme, Jeanne de Belleville, veuve d’ Olivier de Clisson, a décidé de venger son mari et sa patrie vaincue! Elle part alors avec ses deux enfants dans l’intérieur du pays. D’épouse modèle, elle devient chef de guerre, et ne pense plus qu’à tuer des français, dont seul l’addition du nombre de morts compte, sans aucune pitié.

Les partisans de Jean De Montfort l’accompagnent par centaines, et ne pensent qu’ à mettre les campagnes à feu et à sang. Des châteaux alliés du roi sont pillés, et tout ce qui respire ou résiste est massacré. Mais le roi Phillipe VI réagit et envoie l’armée.

Jeanne choisit la mer en conséquence, où elle sera plus forte. Le roi d’Anglette, Edouard III, lui cède trois navires, que Jeanne armera après avoir vendu tous ses biens. La “Flotte de représailles de la Manche” vient d’être créée, avec Plymouth comme port d’attache.

Au début, personne ne semble y croire dans l”aristocratie Anglaise. Une femme pour commander des bâtiments? Ha!

Mais Jeanne aime la mer, et depuis son enfance elle a toujours accompagné des hommes à bord. Elle est aussi férue des légendes Vikings, et des récits de son mari qui a écumé la mer du nord. Jeanne sera la première femme parmi les pirates.

Besoin de liberté, d’espace, seule au monde à présent, privée de son amour, elle ne cache pas ses seins sous un uniforme. La haine, la douleur et la fureur l’aveuglent. A la tête de son escadrille, elle écume la côte port à port avec minutie, incendie, dévaste, son armada et celle d’Angleterre étant largement supérieures à celle de Philippe de Valois. Avec ses caraques, Jeanne détruit alors des nefs et galères de la marine royale. Les pauvres marins du Cotentin, ou les bateliers Picards, font de larges détours en mer pour l’éviter. On dit de Jeanne, qu’elle commande la manoeuvre debout sur la dunette de son vaisseau amiral des heures durant, puis s’en retourne dans sa cabine sans un mot jusqu’à la prochaine attaque, épuisée, repue, satisfaite pour quelques jours.

La ville de Caen tombe! puis c’est au tour du grand port harenguier et lainier, Calais, de se rendre. Il est temps de dépêcher sur place les meilleurs marins du Royaume pour l’ arrêter, mais Jeanne échappe toujours à ses poursuivants. Elle manie la voile carrée avec finesse, et n’a pas peur des tempêtes. La redoutable pirate finit par se tailler une réputation, selon la ville, selon le camp. On l’appelle Jeanne la Lionne tragique, La Veuve sanglante, Jeanne la Flamme…

Devenue une grande épéiste, Jeanne tue, tue , tue….elle fait couler plus de sang sur le royaume de France, que jamais il n’en a coulé sur sa terre de Bretagne. Elle joue avec la mort, et se moque du Parlement qui la bannie, confisquant ce qui reste de ses biens.

Un jour enfin, son escadrille est localisée, et après de longues heures de combat, son navire est pris. On la cherche partout, mais elle a disparut. A une heure de là, elle vogue avec une douzaine d’hommes et ses deux enfants, à bord d’une chaloupe. Tous dérivent sans vivres ni boisson pendant des jours et des jours, un des enfants de Jeanne meurt, mais ils finissent par apercevoir les côtes. C’est sa Bretagne natale, vengée à présent.

Reste à présent à se cacher…Un Anglais, fasciné par sa grande beauté et son courage, Gauthier de Bentley, l’épouse. Et avant de se retirer tousl es deux loin de tout, ils placent le fils ainé de Jeanne, prénommé Olivier comme son père, à la cour des ducs de Bretagne. Quninze ans plus tard, Olivier de Clisson, comme son père, deviendra à la suite de son ami et célèbre Du Guesclin, connétable de France.

5 réponses vers “Jeanne de Belleville…1ère femme pirate”

  1. Je ne connaissais pas.
    Très intéressant.
    Merci Dragan.

  2. Ploubalay a dit :

    Fichtre oui !

    Passionnant… en plus je connaissais bien Olivier de Clisson, le brave ami du bon connétable… mais je en savais pas qu’il tenait sa bravoure de sa mère…

    Une très belle histoire…

  3. Treviz'Ô ! a dit :

    Tiens salut Jacques ! ça fait plaisir de te lire !

  4. Tremayne Crow a dit :

    A bas les pavés super longs !

    Comment ça j’en écris à longueur de temps ? A bas moi

  5. Ploubalay a dit :

    Salut Tréviz’ ! ca faisait longtemps en effet…

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